05 mai 2026

Rapport Alloncle : un projet de démantèlement de l'audiovisuel public

La SACD dénonce le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public : un projet de démantèlement qui menace la création française et l'indépendance du service public.

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, rédigé par le député Charles Alloncle (UDR), et publié aujourd’hui, est malheureusement conforme aux craintes qu’avaient suscitées, depuis des mois, un travail chaotique mené à charge dans la plus grande confusion : c’est un projet de démantèlement sans précédent et de ruine du service public audiovisuel.

Ses 80 préconisations dessinent un projet d’une cohérence implacable dans sa volonté de réduire à peau de chagrin et de s’attaquer à l’audiovisuel public, l’amputant dans ses missions, réduisant drastiquement son périmètre et le déstabilisant gravement dans son financement.

A ce titre, la suppression de France 4 et de France 5, qui serait fusionnée avec France 2 ainsi que la réduction d’un milliard d’euros de son budget feraient de la création audiovisuelle et cinématographique l’une des premières victimes de ce plan social pour la culture et l’audiovisuel de la France.

Les auteurs et autrices de la SACD savent mieux que quiconque ce que l’audiovisuel public représente pour la création française : un acteur indispensable et incontournable sans lequel des milliers d’œuvres ne verraient pas le jour et un espace où la diversité culturelle, dans toutes ses dimensions, peut s'exprimer sans être soumise aux seules lois du marché.

Mais, l’enjeu dépasse ceux de la création, aussi essentiels soient-ils. Car ce projet de déstabilisation de l’audiovisuel public vise une institution profondément inscrite dans notre démocratie et qui s’adresse à tous et partout, en se nourrissant de trois impostures :

  • une absence totale de réflexion, de vision et d’ambition sur les grands enjeux de l’audiovisuel en général et de l’audiovisuel public en particulier, à commencer par la jeunesse et le numérique, singulièrement ignorés dans ce rapport ;
  • une volonté de reprise en main politique de l’audiovisuel public à travers la proposition d’une nomination du président de France Télévisions et de Radio France dans les mains du président de la République, que n’aurait pas renié Viktor Orban et qui laisse présager le pire sur l’indépendance du service public ;
  • la préparation insidieuse des esprits, à travers les fausses informations, des présentations biaisées et les attaques personnelles distillées tout au long de la commission et dans les médias, à une campagne en faveur de la privatisation de l’audiovisuel public.

Dans un paysage en plein bouleversement, dans lequel les groupes audiovisuels, privés comme publics, doivent réagir vite face à des changements d’usage très rapides, à des concurrences très fortes des plateformes, à des contraintes financières jamais vues, il est essentiel que chacun joue son rôle pleinement et honnêtement : le Parlement est naturellement légitime à réfléchir, à s’interroger et, le cas échéant, à proposer des réformes de l’audiovisuel public, pour affronter ces nouveaux défis. Malheureusement, ce rapport ne propose pas, il instruit, il dénonce, il manipule.

Il appartient aussi à l’’Etat de reconstruire une vision stratégique et de donner aux services publics de l’audiovisuel les moyens de poursuivre leurs missions en sortant d’une trajectoire financière erratique et impossible à tenir.

Pour les auteurs et autrices de la SACD, l’avenir de l’audiovisuel public mérite définitivement mieux que ce faux débat et ce mauvais procès du rapporteur Alloncle.


Contacts presse


SACD / Chloé RAYNEAU – 01 40 23 45 11 – chloe.rayneau@sacd.fr