Création 21 juil 2026

Liberté de création : l’urgence de réagir !

La publication récente du rapport annuel de la Haute fonctionnaire pour la liberté de création confirme une réalité que les auteurs et autrices constatent depuis plusieurs années : la liberté de création est aujourd'hui gravement fragilisée dans notre pays.

Les chiffres sont préoccupants : plus de 70 atteintes à la liberté de création ont été recensées en un an, particulièrement dans le spectacle vivant. Déprogrammations, campagnes d'intimidation, pressions politiques, controverses transformées en injonctions à faire taire : les méthodes diffèrent mais elles participent d’un même mouvement, intolérable et injustifiable, visant à empêcher certaines voix et à contester la présentation des oeuvres même au public.

Dans ce climat nauséabond dont sont victimes de nombreux auteurs et autrices, une autre réalité doit inquiéter. Un établissement culturel sur cinq déclare avoir déjà renoncé à un projet par crainte d'une polémique ou de pressions. L'autocensure progresse et s’accompagne d’une peur grandissante de créer, de programmer ou de montrer certaines œuvres.

Pour la SACD, comme les surgels arbitraires décidés en cours d’année et contre laquelle se sont élevés justement auprès du président de la République 45 élus de toutes tendances, cette évolution constitue un signal d’alarme. Elle témoigne d’une société toujours plus divisée et fragmentée dans laquelle on ne discute plus mais on trie, on ne critique plus les œuvres mais on disqualifie les personnes, on ne contredit plus mais on préfère faire taire.

Qui peut accepter que quelques apprentis censeurs décident à la place du public ce qu’il a le droit de voir, entendre ou lire ? Qui peut accepter que la liberté de création, d’expression et de diffusion soit ainsi surveillée, rétrécie, empêchée ? Nous nous y refusons.

Face aux urgences du moment, aux fins de mois difficiles de nombre de nos concitoyens, aux angoisses climatiques avec une planète en surchauffe, au délitement de beaucoup de nos services publics, certains seraient tentés d’y voir une préoccupation subalterne et déconnectée des « vrais » problèmes.

Ils auraient tort de hiérarchiser ou d’opposer des demandes, toutes légitimes, toutes importantes.

La liberté de création n’est pas un luxe. C’est un espace de respiration dans une société sous tension. Elle permet justement de ne pas basculer dans le face-à-face permanent et de continuer à vivre ensemble sans devoir penser la même chose ou choisir son camp à chaque instant.

Le rapport de la Haute fonctionnaire formule plusieurs propositions importantes, notamment pour mieux protéger juridiquement la liberté de création et sanctionner plus fortement ses atteintes. Elles méritent d’être examinées avec attention.

Mais au-delà des réponses juridiques ou administratives, c'est un sursaut citoyen et politique qui est nécessaire.

La SACD appelle les responsables publics, les institutions culturelles, les élus et les citoyens à refuser la banalisation de ces atteintes et à défendre cette liberté fondamentale.

Parce qu'une démocratie qui accepte que l'on fasse taire les créateurs finit toujours par faire taire davantage que les créateurs.

Contact presse SACD   

Chloé Rayneau – 01 40 23 45 11 ● 06 85 12 29 59 – chloe.rayneau@sacd.fr