RUFUS | Théâtre

Rufus est français né le 19 décembre 1942 en zone libre à Riom (prononcer « Rions », c’était bon signe il aurait pu naître à « Faisons la gueule ») Il y avait de quoi être déçu d’emblée en effet car ses parents ont préféré de prévenir le jour de sa naissance : la zone n’était plus libre. Ça laisse des traces dans la mémoire. Par la suite il a vécu dans diverses régions de France ce qui l’a acclimaté au mouvement et en particulier aux tournées théâtrales qu'il pratique encore. Il y a un voyage qu'il a refusé de faire c’est celui de la guerre d’Algérie car il était déjà un utopiste et refusait de croire qu’on allait faire oublier aux Algériens les massacres de Sétif en proposant de nouvelles tueries. Sous le diagnostic de dangereux utopiste il a donc été dispensé de porter les armes bien qu'il ait eu l’imprudence de se découvrir excellent tireur et parachutiste habile. On l’a laissé continuer ses études. Il était assez porté sur les soins médicaux qu'il voyait d’un bon oeil au début. Puis il découvrit « le rire médecin » : une troupe de clowns qui passait dans les hôpitaux pour y apporter de la fantaisie. Il réalisait grâce à eux qu’un enfant qui rigole guérit mieux qu’un enfant triste. Il réalisait soudain qu’à la fac de Rouen ils avaient à peine assez de temps pour les cours sur les maladies, du temps il n’en restait plus du tout pour les cours sur la santé. Or comme la santé l’intéressait vivement il a arrêté les cours auprès de la médecine de Pasteurienne et a trouvé d’autres professeurs drôlement plus exaltants. Le cancer est une maladie de l’âme disait l’un d’eux. Cette nouvelle médecine étant gratuite il lui a fallu trouver un métier pour gagner sa vie et il est devenu régisseur de théâtre après avoir été formé au centre d’apprentissage de la Rue Blanche à Paris. Dès la fin de la première année il trouvait assez de travail pour vivre et s'est lancé dans le caféthéâtre pour récolter chaque soir des applaudissements ce qui est très valorisant au début. Une femme grand écrivain s’est écriée « encore un acteur de théâtre que le cinéma va nous voler ! » C’est pourquoi il a snobé le Cinéma presque toute sa vie. Pourtant Hollywood l’avait attiré là-bas en lui disant : « les Français ne sauront rien faire de toi. » Lui poursuivait sa quête secrète. Il a écrit onze spectacles seul en scène où le comique avait le privilège. Il a participé à onze spectacles au sein d’une compagnie, avec un auteur, un musicien, un metteur en scène, un décorateur un critique de théâtre, un attaché de presse et surtout un directeur de théâtre. Il a pratiqué l’alternance : une fois l’un une fois l’autre. Il a souvent regretté que les femmes ne soient pas aux commandes de l’oeuvre poétique. Pendant les entre actes, il a donné quelques jours au cinéma de façon carrément étrange. Il a joué 150 « deus ex machina » le dérangeur celui que le scénariste invente pour que Pagnol puisse faire trois pièces avec l’histoire de Marius Fanny et César, c’est le mystérieux Piquoiseau. Le grain de sable qui donne l’occasion à l’auteur de s’exprimer.

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